Cet espace est un lieu où vous pouvez librement vous exprimer, tout en respectant la charte d'utilisation, sur votre façon de percevoir le territoire du SCOT Bourg-Bresse-Revermont tel qu'il est aujourd'hui, et de quelle manière vous souhaitez qu'il évolue dans les années à venir.
Alors, n'hésitez-pas ! A vos claviers !
- [N° 12]
Par : Luc VOITURIER
Le : 08/10/2007
Bonjour,
Merci aux élus du SCOT pour cet espace de débat auquel j'apporte ma contribution.
QUEL DEVENIR DE TREFFORT-CUISIAT A TRAVERS LE SCOT : BIPOLE BANALISE OU BOURG RURAL VIVANT ?
Le projet de « pôle » inscrit dans le projet de SCOT, constitué de St Etienne du Bois et Treffort-Cuisiat, présente des avantages pour l’aménagement du territoire.
C’est une alternative à une ville centre concentrant tous les services et des villages dortoirs en périphérie. Sans dépouiller la ville des fonctions les plus importantes (préfecture, foirail, grandes zones d’activités…) et en maintenant dans chaque village la base d’une vie locale (épicerie, bar-tabac, coiffeur, garagiste…), on peut entre les deux faire vivre des bourgs ruraux. Le bourg rural, qu’on l’appelle « pôle » ou « bi-pôle »…, accueille des services et des équipements trop grands pour être suffisamment fréquentés dans une petite commune, et suffisamment diffusés pour être présents au-delà de la ville centre. Ce sont des services publics (collège, centre sportif, pôle culturel…) et privés (agence immobilière, banque, assurance, bricolage, zone d’activité d’intérêt local…). Plutôt que se déplacer dans la ville centre, les résidents du bourg centre et des communes alentours trouvent ici les services dont ils ont besoins.
En outre, relier dans un même projet St Etienne du Bois et Treffort-Cuisiat, c’est favoriser la coopération entre deux bourgs, entre Ventres Jaunes et Cavets, plutôt que l’ignorance ou la compétition fratricide.
Toutefois, il ne suffit pas d’autoriser des services et des droits à construire pour faire vivre et bien vivre un bourg rural. Il y a des conditions essentielles qui mériteraient d’être envisagées dans le SCOT, dans le futur PLU et dans les politiques municipales.
• Quelle façon de vivre ensemble ?
Treffort-Cuisiat hérite d’une sociabilité intense. Les gros propriétaires viticoles ont crées les conditions d’implantation d’une notabilité locale qui a contribuée à animer l’espace public (ex : Amis du vieux Treffort). En parallèle, il y a une sociabilité populaire traditionnelle (concours de belote, chasse, pompiers…) qui se transforme et se maintien (associations sportives…). En outre, si ailleurs on est souvent à la recherche d’une « mixité sociale » compliquée à mettre en place, à Treffort-Cuisiat, elle avait la chance d’exister tant dans l’urbanisme (avec des maisons de gros et petits propriétaires mitoyennes) que dans les relations sociales (ex : coopération autour de la création du musée du Revermont, du marché aux fruits d’automne, des activités paroissiales…). Cette sociabilité vivante a permis pendant les 30 dernières années d’intégrer les nouveaux habitants, d’éviter comme souvent le clivage entre anciens et nouveaux.
Cette sociabilité est aujourd’hui mise à mal. D’abord pour des raisons d’ordre général : rotation des ménages liée aux changements de métiers, travail à l’extérieur de la commune, individualisme… Mais, c’est aussi liée aux politiques locales : Ainsi, les événements organisés par des professionnels salariés sont préférés à ceux organisés par la société civile locale (reprise en main du musée du Revermont par le Département sans action déterminante de la mairie, Musicoline, délocalisation du festival d’Ambronay…). De même, les associations locales sont cantonnées à un rôle de gestionnaires de services. Dès qu’elles formulent des propositions qui ne sont pas conformes aux attentes de la mairie, elles sont recadrées ou écartées (Amis de Treffort Cuisiat Bresse Revermont, Festival de l’Homme Debout, Vigilance Information Santé, Association pour la transparence dans la gestion des déchets… pour les exemples les plus criants).
Cette sociabilité est pourtant un puissant facteur de cohésion sociale. Elle est la base de l’intégration et de la vie locale, sans laquelle Treffort-Cuisiat devient une commune dortoir, avec des riches dans les belles maisons en vieilles pierres et les moins riches dans les lotissements. Elle est aussi la base de la citoyenneté qui assure de fait des missions d’intérêt général dont l’absence nécessiterait la mise en place de services publics coûteux (on va voir le voisin plutôt que d’appeler la fourrière en cas de stationnement gênant, on ramasse les papiers à terre plutôt que de laisser la commune s’en occuper, on se soucie des enfants dans la rue et des personnes âgées voisines…).
• Quel urbanisme pour vivre ensemble ?
Treffort-Cuisiat bénéficie aussi en ce domaine d’un héritage intéressant : des villages rues (notamment celui de Treffort dont la continuité Nord-Sud recoupe une continuité historique depuis le moyen-âge jusqu’à nos jours), des hameaux et des fermes avec une plaine comprenant des forêts et des cours d’eau et des collines à forte biodiversité.
Ces atouts sont bien évidemment reconnus dans le SCOT et le PLU en projet. Mais les politiques locales conduites et projetées sont assez souvent en contradiction avec ces atouts, le projet de pôle, et l’esprit du SCOT :
a) Les urbanisations actuelles le long de voies reliant Bourg en Bresse à St Etienne du Bois et Jasseron. L’urbanisation continue jusqu’à Tanvol pose deux problèmes : d’abord, elle remet en cause l’idée d’un pôle rural qui serait situé à quelques kilomètres d’une agglomération en expansion constante ; ensuite, elle contribue à la déstructuration des espaces naturels et des paysages. Une solution peut-être la densification des activités économiques et la limitation des surfaces commerciales… mais peut-être est-ce encore un tabou ?
b) le projet d’ouverture à Treffort-Cuisiat d’une zone d’activité de 6 ha, soit un quasi-doublement de la surface actuelle, en pleine forêt n’est pas cohérente avec plusieurs objectifs du SCOT : le maintien de corridors biologiques entre la plaine et les collines ; le développement de l’artisanat à Treffort-Cuisiat et d’activités industrielles à St Etienne, une telle organisation ne nécessitant pas l’ouverture d’une surface aussi importante à Treffort-Cuisiat pour les 10 ans qui viennent (période de validité du SCOT).
c) L’absence incroyable de réflexion et d’action en matière d’urbanisation. La commune de Treffort-Cuisiat se positionne commune une petite ville (appelons un « pôle » par son vrai nom). Mais sa politique d’urbanisme n’est pas à la hauteur. Depuis plusieurs décennies s’affrontent une conception de « développement » économique et démographique portée par la mairie et une politique de « protection et de valorisation » portée par une partie de la société civile. Il en résulte une préservation relative de l’urbanisme ancien de Treffort dans un écrin vert et tout autour l’éparpillement urbain depuis 30 ans. Ont ainsi émergées des villas (de part et d’autre de la route qui conduit à St Etienne), des lotissements (Bourdonnières, Mousseron 1, Mousseron 2, les Frênes, Verger du Moulin, Ursulles…) et des équipements (salle de sport, terrains de sports, locaux pour les pompiers et la commune…). Ces éléments ont été localisés (après des études qui présentent pourtant toute l’apparence du sérieux) comme s’il s’agissait juste d’une annexe à l’existant, sans donc d’organisation de l’ensemble. Une expérience intéressante : Le Verger du Moulin. Il s’agit dune tentative pour passer du pavillonnaire mal organisé à la constitution d’un vrai quartier en harmonie urbaine avec le village ancien (densification, espaces publics aménagés, mixité sociale et fonctionnelle…). Mais l’expérience n’a pas servie de leçon comme le prouve les derniers développements à St Michel. Surtout, jamais, il n’a été envisagé ce que serait cette commune avec un triplement de sa surface urbanisée. En outre, cet essor démographique pose de nouveaux problèmes : stationnement anarchique (sur les trottoirs, la voirie…), forte demande de garderie, de jeux collectifs pour enfants… auxquelles la mairie à des difficultés à répondre. Lorsque l’on veut être une ville il faut s’en donner les moyens tant en termes de services que de plan d’urbanisme.
Treffort-Cuisiat est aujourd’hui à la croisée des chemins. Le débat n’est pas réellement entre l’accroissement démographique et économique, prôné par la maire, ou son cantonnement, position que la mairie entend « ringardiser » la considérant comme passéiste et égoïste. L’enjeu porte d’avantage sur le type de développement. Treffort-Cuisiat est-il destiné à être une banlieue péri-urbaine qui grossit au hasard de la demande immobilière avec des résidants s’observant derrière leurs haies de lauriers ? Ou Treffort-Cuisiat est-il destiné à être un véritable bourg rural, accueillant réellement de nouveaux habitants qui cohabitent réellement avec les anciens dans une sociabilité heureuse, avec de nouveaux quartiers intégrés qui présentent la même qualité que l’urbanisme ancien, avec des activités économique cohérentes avec le projet local ?
En attendant que ce débat soit conduit et que les mesures en découlant soient arbitrées, il est urgent que le SCOT limite les capacités de constructions nouvelles et assure une préservation des corridors naturels à Treffort-Cuisiat.
écoles - [N° 11]
Par : GUILLEMOT Y
Le : 02/02/2007
Réaction à chaud, suite à la réunion de présentation du projet de SCOT aux élus le 1er février 2007. Tout d'abord, bravo à toute l'équipe, pour la présentation qui est restée très claire malgré, comme l'a dit le Président, un programme très chargé.
Je veux toutefois réagir sur le tableau présenté qui indique la volonté du SCOT de favoriser(ou imposer?) le regroupement scolaire en milieu rural.
De grâce "Mr SCOT", laissez les petites structures d'éducation primaire vivre leur vie! Pour être élu dans une TPC(très petite commune), je peux vous dire que notre combat pour conserver notre école est suffisamment dur pour ne pas en rajouter. Aidez nous plutôt dans notre action qui s'inscrit tout à fait dans la démarche de développement durable par la limitation des déplacements en automobile ou en bus, pour un déplacement plus doux, pour reprendre votre expression(possibilité de se rendre à l'école à pied ou à vélo). Je sais que que ce sujet nous amène inévitablement au débat sur les économies de postes d'enseignants: dommage!
Réponse du Syndicat Mixte
Bonjour,
Et merci pour votre message. Le tableau que vous évoquez est un tableau indicatif. Par conséquent, le SCOT n'imposera pas ce qui est proposé dedans. Il s'agit d'un guide, de façon à permettre des discussions au sein des collectivités concernées en ayant à l'esprit une cohérence à l'échelle du bassin de vie de Bourg-en-Bresse. Bien à vous, Valérie Dévrieux, chargée de mission.
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